La veillée autrefois

La coutume de se réunir le soir en famille, mais aussi entre amis remonte à la nuit des temps. Peu de distractions s’offraient jadis aux campagnards. Par conséquent, dès que les travaux pénibles de la terre, se ralentissaient puis cessaient avec la venue de la période hivernale, les gens de la campagne éprouvaient le besoin de se regrouper dans une franche et aimable simplicité pour parler, échanger des idées, passer quelques heures dans la bonne humeur et le bien-être.

On se regroupait après le souper tantôt chez l’un, tantôt chez l’autre. Ce fut d’abord à la lueur tremblotante et rougeâtre d’une lampe à huile, puis plus tard autour d’une unique chandelle, à la mèche garnie d’un grain de sel pour qu’elle se consume moins vite. Puis la grosse lampe à pétrole en verre, cuivre ou faïence détrôna la bougie. Enfin, ce fut le tour de la fée électricité qui sur son apparition dans la commune de Ligneyrac en 1930.

La conversation n’empêchait pas les activités manuelles :

  • pour les femmes
    • filer la quenouille,
    • tricoter des chaussettes,
    • confectionner d’épais tricots,
    • repriser les chaussettes et autres raccommodages…
  • Pour les hommes
    • tresser des paniers,
    • confectionner des corbeilles qui contiendront les draps de la lessive ou les entrailles fumantes du cochon
    • Torsader la paille de seigle pour bâtir un palhassou (corbeille pour le pain)…
  • Pour tous
    • « noisiller » (casser les noix pour en extraire le cerneau),
    • « rascaler » les châtaignes (enlever la peau des châtaignes après la cuisson), etc..

Après le travail, les hommes jouaient aux cartes tout en parlant de tout et de rien : des menus faits quotidiens, des choses d’autrefois et d’hier, des cours de la dernière foire, ainsi que des sornettes. Et c'éatait aussi des galéjades à n’en plus finir de rire. Les femmes discutaient ou chantaient tout en berçant le dernier né qui était installé dans « lou brèt ». Le temps passait et nul ne s’en apercevait. En un instant, les femmes dressaient la table pour reprendre des forces et il suffisait que quelqu’un fredonne un air pour que la bourrée commence.

La principale source de lumière fut d'abord la flamme du feu qui brûlait dans le « cantou ». S'y ajoutèrent au fil du temps :

  • La bougie et la lampe à huile (apparition de la mèche tressée en 1782) qui sont les plus vieilles méthodes d’éclairage. En effet, dès 3000 ans avant J.C, le principe de la lampe à huile était connu en Egypte et en Grèce, et ce sont probablement les Romains qui en ont diffusé l’usage dans toute l’Europe. Au Moyen-Age, la bougie était peu répandue en dehors des grandes demeures, des églises et des monastères, mais dès le 15ème siècle, les chandeliers apparaissent régulièrement dans les inventaires domestiques. Jusqu’au milieu du 19ème siècle, cette méthode d’éclairage fut la plus employée. Les toutes premières bougies étaient fabriquées avec du suif et des graisses animales purifiées.
  • La lampe à pétrole, pourvue d’une mèche qui absorbait lentement le combustible. L’intensité de la lumière étaient contrôlée par l’allongement ou le raccourcissement de cette mèche qui se consumait lentement. Les lampes de ce type étaient très utilisées à la fin du 19ème siècle parce qu’elles donnaient une assez bonne lumière contrôlable.
Pendant la veillée, le « patois » était de rigueur.