Expo 2002 - Les veillées

L’association « Vivre à Ligneyrac » a organisé en 2002 une exposition sur le thème de la veillée

Elle a permis :

  • aux uns de découvrir comment se passait une veillée,
  • aux autres de se remémorer de bons souvenirs à nous faire partager pendant la soirée.

La coutume de se réunir le soir en famille, mais aussi entre amis remonte à la nuit des temps.

Peu de distractions s’offraient jadis aux campagnards. Par conséquent, dès que les travaux pénibles de la terre, se ralentissaient puis cessaient avec la venue de la période hivernale, les gens de la campagne éprouvaient le besoin de se regrouper dans une franche et aimable simplicité pour parler, échanger des idées, passer quelques heures dans la bonne humeur et le bien-être.

On se regroupait « après le souper » tantôt chez l’un, tantôt chez l’autre. Ce fut d’abord à la lueur tremblotante et rougeâtre d’une lampe à huile, puis plus tard autour d’une unique chandelle, à la mèche garnie d’un grain de sel pour qu’elle se consume moins vite. Puis la grosse « lampe à pétrole » en verre, cuivre ou faïence détrôna la bougie. Enfin, ce fut le tour de la fée électricité (sur la commune de Ligneyrac celle-ci fit son apparition en 1930.)

La conversation n’empêchait pas les activités manuelles :

  • pour les femmes :
    • filer la quenouille,
    • tricoter des chaussettes,
    • confectionner d’épais tricots,
    • repriser les chaussettes et autres raccommodages…
  • Pour les hommes :
    • tresser des paniers,
    • confectionner des corbeilles qui contiendraient les draps de la lessive ou les entrailles fumantes du cochon.
    • Torsader la paille de seigle pour bâtir un palhassou (corbeille pour le pain)….
  • Pour tous :
    • « noisiller » (casser les noix pour en extraire le cerneau),
    • « rascaler » les châtaignes (enlever la peau des châtaignes après la cuisson), etc. …
Après le travail les hommes jouaient aux cartes tout en parlant de tout et de rien, des menus faits quotidiens, des choses d’autrefois et de la veille, des cours de la dernière foire. C'étaient des sornettes, et des galéjades à n’en plus finir.
Les femmes discutaient ou chantaient tout en berçant le dernier né qui était installé dans « lou brèt ». Le temps passait et nul ne s’en apercevait.
En un instant, les femmes dressaient la table pour reprendre des forces et il suffisait que quelqu’un fredonne un air pour que la bourrée commence.
La principale source de lumière était la flamme du feu qu'on allumait dans le « cantou » et à laquelle s’ajoutèrent au fil du temps :
  • La lampe à huile (apparition de la mèche tressée en 1782)
  • La bougie, avec la lampe à huile, la plus vieille méthode d’éclairage. Dès 3000 ans avant J.C, le principe était connu en Egypte et en Grèce, et ce sont probablement les Romains qui en ont diffusé l’usage dans toute l’Europe. Au Moyen-Age, la bougie était peu répandue en dehors des grandes demeures, des églises et des monastères, mais dès le 15ème siècle, les chandeliers apparaissent régulièrement dans les inventaires domestiques. Jusqu’au milieu du 19ème siècle, cette méthode d’éclairage fut la plus employée. Les toutes premières bougies étaient fabriquées avec du suif et des graisses animales purifiées.
  • La lampe à pétrole était pourvue d’une mèche qui absorbait lentement le combustible, et l’intensité de la lumière étaient contrôlée par l’allongement ou le raccourcissement de cette mèche qui se consumait lentement. Les lampes de ce type étaient très utilisées à la fin du 19ème siècle parce qu’elles donnaient une assez bonne lumière contrôlable.

Pendant la veillée, le « patois » était de rigueur. Donc nous vous proposons une petite liste  de mots :
Afin d’être mieux compris, ces mots sont orthographiés « à la française » avec l’arbitraire inévitable dans la transcription phonétique, les variantes étant nombreuses d’un village à l’autre.
  • Bigau (outil pour sarcler)
  • Boge (sac en toile épaisse)
  • Bourretou (petite charrette)
  • Brade (gelée blanche)
  • Buige (petit pré à coté de la maison)
  • Cadarau (morceau de bois tordu)
  • Caillade (fromage blanc)
  • Clidou (petite barrière)
  • Coide (récipient avec un long tuyau et qui était posé sur le seau dans un évier que l’on appelait «bassière »)
  • Couge (citrouille)
  • Cougnassou (hache)
  • Gogue (boudin)
  • Moudalou (tas de pierre, de branches,...)
  • Oule (marmite avec une anse)
  • Pelou (enveloppe piquante de la châtaigne)
  • Perrou (petite poire)
  • Petarou (petite moto qui faisait du bruit)
  • Pinquer (rester debout à attendre)
  • Piparou (fumeur débutant)
  • Poutou (embrassade)
  • Niorle (petite histoire)
Bibliographie :
  • La maison et le village en Limousin : Maurice Robert – Société d’ethnographie du Limousin et de la Marche
  • Le mobilier régional français : Solange Cuisenier – Annie Watier – Berger Levrault - 1984
  • Vie à la campagne : Albert Maumené – Noël 1926
  • L’art du Luminaire : Editions Flammarion
  • L’art de l’éclairage : L. Figuier - Furne, Jouvet et Cie Editeurs 1870